Rex extensa
2026
Acrylique, carton, pastel gras, feutre, fusain, photocopie, collages de papiers peints à la main
Dim. : 146 x 70 cm
Si le titre de cette nouvelle étude – Rex extensa – est elliptique à souhait, il n'en est pas moins chargé sur le plan conceptuel puisque, à une lettre près, il renvoie allusivement à la res extensa – littéralement « chose étendue », en latin – qui, dans le vocabulaire cartésien, désigne la matière dont toute chose est constituée, matière sur laquelle s'étend le règne mortifère d'une technique qui ne sait pas se raisonner et limiter son extension et qui, faute d'entendre la notion de mesure dans un sens dont les Grecs avaient fait le critère de toute vie bonne, produit inévitablement sa propre perte. Sur le triptyque, le visage imprimé n'est donc pas barré pour rien et la couronne royale qui le surmonte ne symbolise surtout pas une quelconque souveraineté. Son effacement, plutôt, sa déchéance ou sa destitution. À l'heure de l'anthropocène et des bilans anxiogènes de fin de monde – réchauffement climatique, pollution des sols, maladies environnementales, intelligence artificielle, crise économique, crise politique, guerre, etc. –, une réflexion pleine d'allusivité, mais engagée, concentrée autour des notions de nature et de calculabilité, fait son chemin, fait signe, à demi-mot, appelle, sollicite une pensée. Ce n'est pas nécessairement la vocation d'une œuvre d'art. Car toute œuvre n'est pas intrinsèquement engagée. Plus simplement, c'est l'intention de cet assemblage : susciter un questionnement autour de quelques mots-clés chargés d'histoire.
Pour un argumentaire plus détaillé de cet assemblage : Pièces détachées.
La parole est le lien. Depuis 2007. Mentions légales. Politique de protection des données personnelles.



